Impression du jour

Les rang d'honneurs

Dimanche 13 nov 2005
Ils étaient une vingtaine de volontaires, médecins généralistes, spécialistes, chirurgiens dentistes, architectes, artistes, musiciens, bénévoles dans une ambiance de joie et de bonne humeur. Ils ont passé la journée à prodiguer des soins. Ils ont vu des maladies et des malades, des dermatoses au fausses couches. le tout avec un professionnalisme parfait. Nous étions deux chirurgiens qui venaient à la découverte de ce monde, animé par l'envie d'apprendre et de donner, et nous, nous avons été sidérés, séduits et heureux d'avoir vécu avec eux ce moment. Nous avons vu  le bonheur et le sens du don de soi. MERCI

Congrès de la SMSM

lundi 21 novembre 2005, 11:16
De retour du congrès de la Société Marocaine de Sciences Médicales qui s'est déroulé à Marrakech le Week End dernier et dont le thème principal était le cancer au Maroc.
Deux observations importantes : le monde médical marocain est plein de grandes énergies et animé de volonté féroce pour rattraper le train mondial qui va vite. Les moyens et le projet politique dans ce domaine sont réduits à leur plus pauvre expression qui est le souhait et rien d'autre. Ceux qui détiennent les rennes sont sclérosés et conservateurs et ceux qui aspirent aux progrès et à l'innovation sont relégués à un autre rang. Dommage.
En tous les cas bravo pour les organisateurs du congrès qui ont réussi un exploit et bon courage pour la suite.

Numéléc : Le non professionnalisme

La société Numéléc, représentante de Tayco au Maroc nous fait encore faux bond. Après s'être engagée au début de l'année avec l'Association Marocaine de Chirurgie Viscérale pour sponsoriser une manifestation scientifique à Casablanca, elle s'est retirée 10 jours avant sans se soucier de quoi que ce soit. Elle a dû considérer que les chirurgiens casablancais du secteur libéral n'étaient pas une cible intéressante. Quelques mois après, elle revient réparer l'irréparable avec une nouvelle politique : vendre. Elle ne  cible cette fois çi que les chirurgiens aptes à utiliser son matériel en délaissant les autres. Façon de dire que la formation des chirurgiens n'est pas son problème.
Aujourd'hui elle propose une démonstration  au bloc opératoire d'un nouveau matériel.  Tout s'organise pour le mieux, le malade prévenu, l'équipe soignante au complet et les autres chirurgiens invités pour participer à cette démonstration, et voilà que la représentante se décommande ... une fois n'est pas coutume mais deux... ! bon vent Numéléc.

Séance de travail à El Jadida

dimanche 18 décembre 2005

Week End très studieux au Golf d'El Jadida. Huits dossiers de pathologie cancéreuse digestive ont été discuté. Tous s'accordent sur le fait que le cancer est une pathologie sérieuse dont la prise en charge doit être consensuelle et les décisions thérapeutiques doivent émaner d'un comité de concertation multidisciplinaire. Le traitement et la prise en charge entrepris par un seul médecin est à proscrire formellement. Cette prise  de conscience est générale et heureuse pour nos malades.
L'idée de la création d'un carrefour digestif est née et fait son chemin. Cette institution aura la charge de mieux organiser le traitement du cancer digestif à Casablanca en mettant en oeuvre et en coordination ceux et celles qui s'intéressent à cette pathologie à l'instar de ce qui se fait dans les pays les plus avancés.
Week End agrémenté aussi par un dîner convivial et amical et une soirée intimiste et chaleureuse. La légèreté a pris le dessus sur le sérieux de notre pratique quotidienne.

A propos de l'AMO

Nous voilà déjà demain et ce rêve tant voulu et désiré va voir le jour. Demain notre pays va s'inscrire dans l'histoire contemporaine, celle des pays démocratiques qui ont fait de l'individu le point central de leur évolution. Demain une partie de la population marocaine se réveillera confiante dans l'avenir sanitaire de ses familles. Demain l'Assurance Maladie Obligatoire voit le jour.

Le médecin qui a fait ce rêve avec ses patients est un homme dévoué et responsable, il oeuvre au bonheur de son patient et son bien être, il s'est expatrié parfois pour se former avec dévouement et volonté, il s'est préparé matériellement à exercer son métier avec une grande technicité et savoir. Il s'est équipé lourdement en radiologie des dernières innovations, en chirurgie des plus récents appareils, en oncologie des plus performants générateurs de radiothérapie et a toujours caressé le souci de la performance et de l'excellence pour porter son art au niveau de celui des pays avancés et pour offrir à son patient les moyens les plus efficaces pour sa guérison. Aucun autre métier n'a connu au Maroc un tel investissement.
C'est à cause de tout cela que la médecine a un coût et parfois pas le moindre certes.
Mais c'est parce que la médecine a un coût que l'on va nous rétracter et céder la place à la médiocrité. C'est par ce que la médecine a un coût que l'on va ressortir les médicaments d'il y a 20 ans et que l'on n'utilise plus de surcroît de part le monde, ou qu'on va revenir à la radiologie standard et aux seringues à usage multiple, ou qu'on va restructurer nos cliniques et hôpitaux pour mettre quatre malades par chambres et engager une aide soignante payée au lance pierre pour surveiller une vingtaine de patient.
Qui va porter la responsabilité des enfants qui vont naître dans des veilles couveuses, et les mamans qui vont être suturées au catgut périmé et celle des cancéreux non traités ou mal traités ou celle des familles qui se croient couvert par l'assurance maladie obligatoire et qui découvriront demain que pour être bien soigner il faut en plus vendre ses biens et payer ce fameux supplément qui a toujours fait honte aux médecins. Le médecin moderne ne veut plus monnayer son acte et discuter ses honoraires, le médecin espère prodiguer ses soins sans qu'ils soient tributaires du budget de son patient. Le médecin moderne veut une santé de qualité pour ses malades et non pas une compromission de technocrates qui nous jettent de la poudre aux yeux et nous impose une régression regrettable.
Alors le rêve démocratique pour notre pays est tristement avorté aux regrets de tout ceux qui savent que l'état institutionnalise la médecine à deux vitesses. 

A propos du conseil de l'ordre

Pour la première fois de l'histoire des médecins marocains, les 7 centrales syndicales parlent le même langage et défendent les mêmes causes. Le 03 juin 2006 à la faculté de médecine de Casablanca a applaudit cette coalition qui appelle au boycotte des élections du conseil de l'ordre.
voir article !
Article de presse

Médecin en prison

Article adressé à la presse :
Une circoncision, un décès et un emprisonnement !

L'affaire du jeune homme décédé à la suite d'une circoncision rituelle à Fès a ébranlé le monde chirurgical marocain et en particulier casablancais d'une part par sa tragédie et d'autre part par son dénouement arbitraire qui a jeté des innocents en prisons sans vergogne. En tout état de cause, nous partageons tous la douleur des proches du défunt, à qui nous adressons nos sincères condoléances.
Voila donc une équipe médicale (chirurgien et anesthésiste) qui a voué sa vie entière à soigner, guérir et soulager un nombre considérable de patients, qui a fait de son métier une passion au service des populations et qui se retrouve privée de ses droits, jetée en prison pour une faute non commise et un incident dont elle n'est pas responsable. Certes il y a eu mort d'homme, certes c'était au décours d'une intervention chirurgicale mais disons le haut et fort, l'autopsie n'a pas établie de rapport entre le décès et le geste chirurgical pratiqué donc pas de causalité et logiquement pas de responsabilité médicale.
Et en déplaise aux incrédules, il n y a pas de connivence entre médecins et même si l'expertise ou la contre expertise peuvent être clémentes, l'autopsie est souveraine et ses conclusions sont incontournables.
La dernière réunion que l'Association Marocaine de Chirurgie Viscérale a organisé cette année autour de la responsabilité médicale (http://www.amcv-ma.com/staffdumoisdefev/index.html ) est la preuve de l'engagement des médecins vis-à-vis de leurs patients. Il ne s'agit pas de fuir ses responsabilités, ni de farder la vérité ou de maquiller les choses. Le médecin se doit d'écouter, expliquer et accompagner son patient dans sa maladie et dans ses doléances et ne pas rompre le lien surtout lorsque l'imprévisible survient. La bonne communication permet souvent d'effacer les litiges et lever les incompréhensions. Un métier aussi noble et engagé ne supporte ni dérobade ni fuite, et rien qu'en cela, il est à même de forcer le respect.
La communauté médicale ne se sent pas au dessus des lois et ne demande pas l'impunité, tout au contraire, le médecin assume et veut continuer à assumer parfaitement et complètement sa responsabilité dès lors qu'elle est établie.
Que motive donc cet acharnement contre les médecins marocains ou contre la médecine marocaine, que cherchons nous derrière ces dénigrements et enfin de compte que reproche t'on à ces hommes et femmes qui se forment au plus haut niveau, se perfectionnent continuellement, se dévouent toujours pour hisser leur art au niveau de  celui des pays développés et nourrissent toujours et encore le désir de rester au service des patients.
Lorsqu'un patient fait sa demande de soins au près d'un médecin, il doit savoir qu'il n y a pas de médicament sans effets secondaire et pas de geste chirurgical sans risque. Il peut cependant exiger de son médecin ; l'écoute, l'engagement, l'efficacité et les moyens pour guérir et non pas un résultat garanti. Le contrat établi tacitement est un contrat de moyen et non pas de finalité car la médecine n'est pas une science exacte, elle inclue des variables incontrôlables et parfois des aléas imprévisibles.
Entreprendre un geste chirurgical n'est pas un automatisme appris ou une mince affaire, il est pensé dans ses moindre détails, puis imaginé dans son déroulement à la manière d'un sportif de haut niveau, puis exécuté avec précision, abnégation et angoisse car au delà de la perfection, plane sur chaque geste la possibilité d'une complication.
Alors comment oser exercer ce beau métier, si derrière la moindre intervention chirurgicale se profile l'ombre de l'emprisonnement. Qu'elle place donnerons nous à la prouesse chirurgicale qui est parfois la seule alternative à la guérison et à l'audace de combattre la maladie et la mort si la justice n'est plus juste, si la liberté est bafouée et si l'abus et l'erreur judicaire viennent pallier le fond d'indemnisation qui dans les pays démocratiques tente d'apaiser les victimes lorsqu'il n y a pas de responsabilité médicale.
Aujourd'hui si nous voulons protéger nos patients, il faut d'abord protéger nos médecins. Il n'est pas sage de les pointer du doigt à chaque aléa thérapeutique et les mettre au rang des accusés et comme c'est le cas ici au rang des assassins lorsque l'imprévisible survient. 
Aux USA la médecine est inaccessible aux petites bourses, car à la sortie de chaque clinique des avocats viennent vous proposer leurs services pour confondre le chirurgien, le médecin ou même la clinique. En France les gynécologues ne peuvent plus prendre en charge les parturientes à cause du nombre de plaintes que les assurances ne veulent assumer. Au Maroc bientôt nos médecins seront remplacés par des charlatans et des rebouteux à qui profitent volontiers les lois de la fatalité.
La peine de mort est moins pénible que l'emprisonnement pour un médecin et sans doute pour  toutes les professions de cœur et de passion, ou la fusion entre la vie professionnelle et sociale s'établie depuis le début. Un médecin en prison, est non seulement détruit, il est anéanti, il n'est plus rien, il perd définitivement son statut social et professionnel. 
Comment vais-je expliquer à mon fils, la noblesse de mon métier si je dois dire qu'après tous les sacrifices consentis pendant une quinzaine d'années après le bac et l'abnégation quotidienne pour affronter la douleur et la maladie, l'hypothèse de se retrouver derrière les barreaux est plus que réalité. Le médecin aujourd'hui est désormais dans l'angle de mire de tout ceux qui nous connaissent mal ou pas du tout. 
Les membres de l'Association Marocaine de Chirurgie Viscérale s'indignent et réclament justice.

Docteur Kohen mohamed
Président de l'AMCV
Article de presse

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